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L'Humanité quotidien

01 Décembre 1999 - POLITIQUE

Les banques

au bord de la grève

reconductible

MISE EN DEBAT. Le président de la commission paritaire de la banque, Olivier Robert de Massy et le représentant de la fédération CGT des organismes financiers dans cet organisme, Michel Marchet, confrontent leurs points de vue. Sur fond de mobilisation salariale de grande ampleur.

Hier, dans toute la France, de nombreux guichets bancaires étaient fermés ou ont fonctionné à effectifs très réduits. Pour cause de grève de vingt-quatre heures. Et la grogne des salariés des banques a envahi la rue : ils sont massivement descendus dans les rues de la capitale, à l'appel de tous leurs syndicats (CGT, FO, CFDT, CFTC, SNB-CGC) : ils étaient ainsi entre 25 000 et 30 000 selon les organisateurs (13 000 selon la police), venus de toutes les régions, issus de tous les établissements bancaires. Cela a fait du bruit sous les fenêtres de l'Association française de banques. Du jamais vu depuis 1991, ou même 1977, disaient certains participants.

Ils ont de quoi être en colère ; le projet patronal vise un objectif : adapter les salariés aux nouvelles conditions du secteur bancaire. Entendez par là, les fusions acquisitions qui à coups de milliards voient s'affronter de grandes entreprises françaises et européennes, de taille mondiale. Au milieu, des salariés souvent ballottés et fragilisés. Vouloir rajouter une couche de précarité sur leur dos, leur est devenu inacceptable. Alors, ils manifestent.

Ils ont d'autant plus d'ardeur que le patronat, qui a dénoncé la convention collective, menace de tout arrêter au 31 décembre. Au fur et à mesure que l'échéance approche, la pression monte. Ils ne veulent pas signer n'importe quoi. Réunies hier dans la soirée, les cinq fédérations devaient s'accorder sur de nouveaux rendez-vous d'action pour les jours à venir. Des assemblées générales de salariés auront lieu aujourd'hui dans les établissements : la grève pourrait resurgir rapidement. Ainsi explose sous les yeux de l'opinion un mouvement unitaire très puissant dans le secteur sensible que sont les banques. L'argent est leur métier. La dénonciation des ambitions patronales peut cheminer et converger vers une autre colère plus générale sur l'utilisation de cet argent. Et dans toutes les têtes reviennent les références aux grèves illimitées qu'a connues le secteur. Non pas comme le but ultime à atteindre mais comme l'expression de la détermination : " convention collective, légitime défense ", pouvait-on lire sur la banderole qui ouvrait leur cortège parisien. · un patronat qui prétend " refonder le paritarisme ", les syndicats sont fondés de rétorquer que la signature d'une bonne convention collective - c'est-à-dire respectueuse des intérêts de salariés - est une bonne occasion de passer des discours aux actes.

Christophe Auxerre


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Page réalisée par Intern@tif - Mercredi 1 Décembre 1999